Semaine du 10 septembre 2017

ENTRETIEN AVEC GRÉGOIRE DE LA LUNETTERIE DE L’IMPÉRATRICE (8/09)

Mathilde et Grégoire ont fondé la Lunetterie de l’Impératrice en 2008, animés par des convictions et des engagements de générosité, de partage et d’éthique. Preuve en est avec le blog que Grégoire tient au sujet du métier d’opticien. Retour avec lui sur cette belle aventure humaine !

Il est beaucoup question de valeurs chez vous, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Nous sommes des Don Quichotte. Le magasin est à notre image, c’est un outil de promotion de nos valeurs. Ce qu’on vend c’est de l’honnêteté, du beau et de l’amour. Depuis 25-30 ans, on a collectivement perdu le sens du beau. 98% de ce qui est vendu est standard et bas de gamme. C’est un cancer qui a gagné notre société. Aujourd’hui c’est compliqué de vendre du beau. Pour y arriver, il faut éduquer les clients. Ici on parle d’objet et non pas de produit.

Nous n’achetons que des objets français ou européens, jamais de griffes. Ce qui entre en jeu c’est aussi notre attachement à l’écologie, le beau et le bon sont liés à la proximité. Nous voulons faire travailler nos ouvriers et nos enfants, réapprendre à bien acheter et ne plus jeter, refuser l’obsolescence programmée, revenir à des choses essentielles. Il faut accepter de payer notre nourriture et notre énergie plus cher, parce que cela nous fera du bien à nous car la planète, elle, nous survivra.

Quels ont été vos débuts ?

L’aventure a commencé en 2008, moi j’étais parfaitement autodidacte et pas du tout dans le milieu de l’optique. J’ai rencontré Mathilde, depuis 23 ans dans le métier, qui dirigeait 2 magasins avec de grandes responsabilités et une équipe de 20 personnes. J’avais de la chance d’avoir un regard extérieur sur le milieu. De son côté, elle n’imaginait pas exister sans enseigne.

Finalement nous avons racheté cette boutique indépendante ensemble. J’ai fait l’école des Meilleurs Ouvriers de France et dès le départ on proposait de la fabrication française. Les gens nous riaient au nez quand on le disait. J’insiste toujours : 100% de nos marques sont des créateurs et lunetiers.

Choisissez-vous ensemble les collections que vous proposez en magasin ?

Tout à fait. De mon côté je suis très curieux, je cherche beaucoup. J’ai grandi dans un milieu bourgeois, la culture et l’art ont eu une grande place dans ma vie. Avant d’être opticien je savais ce qu’était une courbe et une forme, j’ai toujours vu de très beaux objets, écouté de la très bonne musique. Petit à petit, Mathilde et moi avons embrassé les compétences de l’autre.

Quel est l’intérêt des salons professionnels comme le SILMO ?

Ce qui est chouette au SILMO, qui est sans doute le plus grand salon professionnel, c’est la présence du "Village", une section qui réunit près de 180 lunetiers créateurs. C’est fantastique de pouvoir papillonner et découvrir le travail de designers aussi facilement. L’année dernière nous avons ainsi commencé à travailler avec Coblens et XIT.

Il y a aussi eu l.a. Eyeworks. J’adore tout ce qui est très coloré, vivant, et c’est tout à fait le cas avec eux. Je m’en suis voulu de ne pas les connaître ! Il y a une belle histoire derrière la création de cette marque mais aussi beaucoup d’âme dans chacun de leur objet. On est extrêmement contents et fiers de travailler avec eux. Leur politique de distribution est très sélective.

Quelle est votre plus belle rencontre sur ce salon ?

Assurément notre rencontre avec Lucas de Staël. C’était il y a 4 ans, on ne le connaissait pas du tout. Il avait envoyé une monture pour le SILMO d’Or* et dès l’ouverture du salon, Mathilde et moi sommes allés le voir. On trouvait son travail génial. En plus, dans l’équipe, ils sont tous adorables, hyper simples et humains. On a été séduits par leurs intentions qui sont restées simples également. Nous sommes aussi allés les voir travailler dans leur atelier à Paris. Un bonheur !
*Prix qui récompense la créativité des designers

Quel sera votre programme cette année ?

Un rendez-vous incontournable : Pierre Eyewear, même si on ne lui achète que quelques modèles.
Quand je suis au SILMO je vais beaucoup voir ce que je ne connais pas, en espérant être surpris. Hier j’ai vu une monture en métal irisant bleu de la marque Frost sur Lunettes Originales. Elle m’a beaucoup plu, j’aimerais bien aller les rencontrer !

UNE RENTRÉE 2017 LUNETIÈRE ET ANNIVERSAIRE ! (8/09)

Au grand dam de certains, la fin de l’été commence à pointer le bout de son nez. On vous accompagne vers la rentrée avec une thérapie en douceur sur Lunettes Originales.

L’événement incontournable de la rentrée dans l’univers de la lunetterie, c’est le SILMO, le Salon International de l’Optique, qui se tient à Paris du 6 au 9 octobre 2017. Le salon fête ses 50 ans d’existence, un demi-siècle qui mérite bien une rétrospective, une occasion idéale pour nous de vous faire découvrir l’envers du décor.

Car l’aventure de vos lunettes et de votre opticien ne s’arrête pas aux portes de son magasin. Bien au contraire, c’est un métier fait de rencontres. La qualité numéro 1 de votre opticien : sa curiosité, et rien de tel que le SILMO pour l’assouvir. Il y rencontre les fabricants, les distributeurs, des verriers aux créateurs en passant par les Meilleurs Ouvriers de France de l’optique. C’est une vraie ruche de passionnés venus du monde entier qui se donnent rendez-vous le temps de 4 jours à Paris pour le plus grand salon de l’optique.

Lunettes Originales ne ratera pas ce rendez-vous incontournable et vous ramènera ses pépites lunetières comme chaque année. On ne tient pas en place, alors ici on a décidé de compter les jours… 50 ans ? J-50 !

Au fil du compte à rebours, vous découvrirez les nouvelles collections de lunetiers créateurs plus en forme que jamais pour cette rentrée, les témoignages d'opticiens passionnés, qui ont aussi hâte que nous de se rendre au SILMO, et vous en apprendrez beaucoup sur cette grande messe de l’optique. Vous allez entrevoir la lunetterie comme vous ne l’avez jamais vue… 

INTERVIEW DE CHRISTOPHE ERARD, OPTICIEN À AUDINCOURT (5/09)

Opticien indépendant, Christophe Erard défend la créativité des lunetiers dans son magasin à Audincourt. Lunettes Originales a saisi l’occasion d’échanger autour de ses motivations !

Comment et pourquoi vous êtes-vous tournés vers la lunetterie créateur ?

Pour beaucoup de personnes aujourd’hui, on ne porte plus de lunettes uniquement pour corriger sa vue, mais parce que la lunette est devenue un accessoire de mode à part entière. A ce titre, je suis de la génération d’opticiens sensibles à la créativité des designers qui peut s’exprimer dans la forme, la matière ou les coloris.

Selon moi, une monture habille le visage et le valorise. Elle précise le style et le tempérament de la personne. Choisir des lunettes de créateurs, c’est aussi le gage de proposer des produits uniques, avant-gardistes, qui sortent de l’ordinaire, tant en terme de style (détails raffinés, coloris recherchés, matières nobles et originales comme le bois, la corne ou la pierre par exemple) qu’en terme de technologie.

En tant qu’opticien indépendant, je suis soucieux d’apporter une réponse totalement personnalisée à mes clients. C’est alors une évidence de me tourner vers ce type de montures. Aujourd’hui, c’est le bouche-à-oreille autour de produits uniques et originaux qui permet d’attirer de nouveaux clients. Pour en apprendre plus sur cet univers, la presse professionnelle et le SILMO* surtout, m’ont beaucoup aidé.
*Le Salon Mondial de l’Optique à Paris 

Pourriez-vous décrire les enjeux de ce salon à nos lecteurs ?

Un des premiers enjeux, c’est la découverte de nouvelles collections, de nouvelles marques à proposer ensuite à nos clients. Le SILMO c’est aussi un lieu de formation avec la SILMO Academy. On trouve également un espace d’ateliers pratique avec les Meilleurs Ouvriers de France en optique. Enfin, avec les Silmo d'Or**, c’est l’assurance de connaître les dernières innovations dans chaque catégorie (vision, matériel/équipement, enfant, basse-vision etc.).
**Prix qui récompensent l’inventivité et la créativité des designers

Qu’est-ce qui rend le SILMO unique à vos yeux ?

Le SILMO c’est l’occasion, sur un espace-temps concentré, de découvrir ce qui se fait de mieux à l’échelle mondiale, en matière de lunetterie créateur. C’est un incontournable où toute la profession est réunie ; fabricants, distributeurs et opticiens. C’est un endroit où prendre le pouls du métier, voir les tendances qui se dégagent, échanger avis et idées entre professionnels, sonder l’évolution de la profession, du marché.

J’y vais chaque année et je découvre de nouvelles marques, mais aussi du matériel, des idées d’agencements. J’aime beaucoup passer une journée complète à l’espace créateurs, appelé « Village », me perdre dans les allées comme on le ferait à Venise quand on veut en prendre toute la mesure.

Comment percevez-vous l’avenir de la lunetterie ? A quoi ressemblera-t-il pour les consommateurs ?

Si l’on regarde le nombre de personnes qui auront besoin de lunettes dans les prochaines années, que ce soit par le vieillissement de la population ou par le travail sur écran, on ne peut qu’être optimiste.
Si l’on regarde la qualité des produits proposés aujourd’hui, le plaisir que l’on peut avoir à équiper nos clients de lunettes si originales et raffinées qu’elles seront portées avec plaisir, on ne peut qu’être enthousiaste.
Si l’on regarde la volonté politique de limiter le plafond de remboursement des montures, de n’autoriser qu’un remboursement tous les 2 ans, ou encore le coût de la main d’œuvre en Italie ou en Asie, on ne peut qu’être inquiet pour nos fabricants en majorité jurassiens.

A mon avis, aujourd’hui, le consommateur bénéficie d’une offre très complète : chez les discounters ou sur internet, il trouvera les modèles conformes à des attentes de prix et au référencement de sa mutuelle.

Chez des opticiens traditionnels qui sont avant tout des professionnels de santé, ils trouveront un service personnalisé où l’on prendra le temps, où ils recevront des conseils en morpho visagisme, où ils trouveront le produit en adéquation avec leur style, leur personnalité, leur activité, leurs envies. Chaque client vivra l’occasion d’être servi comme s’il était un ami ou un membre de la famille. C’est en tout cas comme cela que je conçois mon métier et que je le partage avec mes collaborateurs.

NUANCES D’ACÉTATE POUR LA NOUVELLE COLLECTION DE JOHANN VON GOISERN (4/09)

Animal social, l’être humain ne rechigne pas à faire partie d’un clan. Il en tire souvent sa force, comme le réaffirme le designer autrichien Johann Von Goisern avec sa collection Automne – Hiver 2018. Riche de ses montures reconnaissables au premier coup d’œil, la marque hisse à nouveau sa bannière colorée pour rassembler ses adeptes et charmer ceux qui ne le sont pas encore.

Emblème de l’univers si particulier du créateur, l’acétate aux multiples couches et aux mille nuances captive le regard. Pour homme comme pour femme, les formes assez classiques s’effacent devant de nouvelles variations de teintes toujours minutieusement travaillées. Évoquant des flacons transparents dans lesquels se diluent lentement des encres lourdes et denses, chaque paire de lunettes impose noblesse des accords et originalité graphique.

Mais si l’esprit du designer est intact, il ne se repose pas sur ses lauriers. Introduisant des branches en acier gravé, le modèle 668 G66, combine la présence de couleurs chaudes avec une note latérale froide et épurée. Plus aquatique et féminin avec ses dominantes de pourpre, la monture 673 G68 affine cet apport métallique tout en l’invitant sur la face avant par le biais d’un retour discret et coordonné.

Marquant le paysage lunetier de son sceau singulier, Johann Von Goisern reste fidèle à ses valeurs esthétiques tout en sachant évoluer. Fer de lance de son identité, les jeux de nuances des modèles autrichiens s’étoffent pour séduire de nouveaux visages. Patte visuelle unique, déclinaisons multiples : le cocktail entre appartenance tribale et désir de sang neuf régalera les inconditionnels comme les jeunes recrues.

Pour en savoir plus : www.lunettes-originales.fr