L'essentiel de l'optique n°2

Publié le par Caroline Duani - mis à jour le

 SILMO : le rassemblement de toutes les communautés de l’optique

Au nord du parc naturel du Haut-Jura, la vallée en cluse de Morez, avec ses tréfileries traditionnelles et son industrie horlogère. Au sud la vallée d’Oyonnax et son artisanat de corne puis de plastique. Deux territoires forts, entre lacs et forêts. Mais deux territoires dissemblables. D’un côté les montures en acier, nées de la force hydraulique des torrents ; de l’autre les montures en acétate qui, succédant aux accessoires de coiffures après l’effondrement de ce marché, inventent la couleur.  Dispositif prothétique ici, jouant sur la distinction et la noblesse des matières telles que le laminé or ;  accessoire de mode là, privilège de la fantaisie, de la décontraction et de la multi-possession selon une logique de garde-robes. L’objet lunette, dans toute la richesse de sa double portée : voir, être vu.  

Les opticiens eux-mêmes présentaient jadis les profils les plus variés : on y trouvait des pharmaciens, des bijoutiers, des horlogers, et même… des opticiens-lunetiers. Un certain Jean Vital, dans les années 40, s’est amusé à dresser la liste des diverses appellations de l’époque : « opticien-photographe », « lunetterie médicale », « opticien breveté », « fabricant opticien », « opticien spécialiste », « Maître opticien », « opticien herboriste », « opticien-optométriste »… Et de conclure, un rien décontenancé : « N’importe qui peut monter un commerce de lunetterie : ce commerce est absolument libre ».

Pour autant il ne suffit pas d’ouvrir boutique pour se déclarer opticien. La profession sera définie à la va vite la veille du débarquement par la loi du 5 juin 1944, qui pose comme condition d’exercice l’obtention d’un brevet professionnel.  Dans les réformes d’ajustement qui ont suivi, il s’est agi de « garantir le public contre les pratiques néfastes pour la santé publique ». Cette première régulation de la filière par le diplôme est aussi une première reconnaissance, de la part des Pouvoirs publics, de sa dimension « santé ». Elle a valeur de définition. En 1962 l’apparition des BTS (Brevet de Technicien Supérieur) permettra de calibrer définitivement le niveau de diplôme nécessaire à l’installation.

L’apparition du SILMO en 1967 va accompagner l’unification de la filière, autour de ses deux axes fondamentaux : à la fois accessoire de mode et dispositif médical. De son côté la distribution s’organise : les enseignes fleurissent, la pub s’enhardit, le commerce de l’optique se rationalise. Paradoxalement c’est aussi le moment où certains opticiens décident de compléter leur formation initiale à l’étranger. Sous l’impulsion du verre progressif qui demande de nouvelles compétences et du SILMO qui réunit une fois l’an la grande famille de l’optique, une  vive aspiration a gagné toute la profession : l’opticien entend désormais s’inscrire dans une démarche de progrès continu afin de mieux répondre aux besoins du public. Ainsi se fait l’unité du métier : par le haut. Une démarche qui  s’incarne aujourd’hui dans les programmes de la SILMO Academy qui, chaque année, présente son exceptionnel Colloque scientifique. 

Mode, santé, commerce et technicité seront donc les pôles fondateurs d’un salon qui vit au rythme de ces évolutions. En rassemblant annuellement les différentes composantes industrielles, scientifiques, stylistiques et  commerciales de la filière, prenant actes des réalités de l’exercice d’un métier d’opticien à la fois complexe et divers, le SILMO constitue un de ces lieux trop rares où les différences apprennent à s’articuler sans heurt. Pour faire de l’hétéroclite un tout. Harmoniser la complexité afin d’entrer pleinement dans toutes les dimensions multiples du métier d’opticien. Unifier ce que nous tenions pour épars et qui ne fait sens qu’une fois assemblé.

C’est ainsi qu’en rassemblant une fois par an toutes les communautés de l’optique sans en excepter une seule, le SILMO joue depuis 50 ans son rôle de fédérateur, de catalyseur. La filière tout entière s’y ressource, prend le pouls de son marché et découvre les dernières innovations technologiques et stylistiques. Un vin de vigueur qui redonne enthousiasme et perspective. Un miroir où la figure de la profession toute entière peut enfin se donner à voir telle qu’en elle-même, et telle que le futur la dessine déjà.

 A suivre…

Gérard LARNAC
L’Essentiel de l’Optique

 

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